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au nord-est du confluent de la Durance et
du Rhône, presque au débouché
du couloir rhodanien, sur le passage de
l'Italie vers l'Espagne, la région
fut de tout temps un creuset de civilisations,
de la période épi-paléolithique
des abris (environ 10 000 avant notre ère)
jusqu'à la fin du XVIIIème
siècle.
Ce qui surprend dans le passé de
ce territoire, c'est l'absence de véritable
métropole qu'explique et renforce
la juxtaposition d'entités ethniques
ou politiques : tribus celto-ligures des
Cavares, Menlini, Tricastins, Voconces,
Vordenses, Vulgientes et Dexsiviates colonisées
par César, qui établit des
vétérans à Avignon,
Orange,
Apt et Carpentras.
Vespasien (69-79) fait dresser le cadastre
d'Orange
dans une campagne traversée par la
voie d'Agrippa, d'Arles
à Lyon, tandis que la voie de Domitien
se dirige vers Milan par Cavaillon,
le pont Julien et Apt.
Après les invasions des Alamans et
des Vandales, Avignon
la burgonde est assiégée par
Clovis (500), disputée entre les
Ostrogoths et les rois mérovingiens,
ceux d'Austrasie. Charles Martel en chasse
les Arabes.
De grandes abbayes extérieures au
pays étendent leur domaine : Bénédictins
de Villeneuve-lès-Avignon
de Montmajour et de Saint-Victor de Marseille,
Clunisiens de Pont-Saint-Esprit dans les
diocèses d'Avignon,
Cavaillon,
Carpentras,
Orange,
Vaison,
Apt et voisins.
Composante des royaumes successifs de Provence,
de Bourgogne, puis de l'Empire, le pays
est l'objet de rivalités entre |
les comtes de Toulouse et
de Barcelone jusqu'au partage de 1125, qui
laisse indivise Avignon
Les
Baux, princes d'Orange, les d'Agoult,
comtes de Sault, les Reillane, les Venasque,
les Mévouillon, les Mondragon, les
Sabran, Giraud Amic, Simiane, Remond de
Modène et Astouaud partagent presque
à l'infini leurs seigneuries et droits
entre leurs héritiers.
La répression de l'hérésie
albigeoise, embrassée par la maison
de Saint-Gilles-Toulouse, par Louis VIII
(1226) et la politique matrimoniale des
Capétiens révèlent
les deux frères de Saint Louis, Charles
d'Anjou, futur roi de Sicile, et Alfonse
de Poitiers : ils abolissent la "république"
consulaire d'Avignon et se partagent la
région, l'un comme comte de Provence,
l'autre comme comte de Toulouse ou marquis
de Provence ; c'est le Comtat Venaissin.
En 1274, la papauté assume définitivement
l'administration du Comtat avec Pernes comme
siège du recteur et renforce son
pouvoir avec l'arrivée de Clément
V, en 1309, puis l'érection de Carpentras
en capitale (1320). Jean XXII et ses successeurs
reculent les frontières septentrionales
de l'Etat en recevant des Hospitaliers de
Saint- Jean de Jérusalem les biens
confisqués du Temple et en réalisant
des achats auprès du dauphin de Viennois.
Même si Avignon
est achetée (1348) à la reine
Jeanne de Naples, comtesse de Provence,
la capitale administrative de la papauté
ne peut supplanter Rome dans sa primauté
religieuse.
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Des grands légats
du XVème siècle, la vice-légation
d'Avignon garde un pouvoir de juridiction
gracieuse (dispenses et bénéfices)
qui s'étend à tout le Sud-Est.
La création de la province ecclésiastique
du comtat fait de Julien Della Rovere, futur
Jules II, le premier archevêque d'Avignon
(1475), prépondérance italienne
illustrée par les familles Pazzi,
Baroncelli, Ricci, Peruzzi, Doni, Fortia.
La mort du roi
René permet la réunion
du comté de Provence (1483) à
la Couronne : pays de Sault,
d'Apt, Pertuis
et d'Aigues. Le roi traite d'ailleurs Avignonnais
et Comtadins en "régnicoles",
intervient à l'occasion des guerres
contre l'Empire ou de Religion (Vaudois,
1545), fait occuper ces états en
cas de conflit avec le pape sous Louis
XIV et Louis
XV, ou encore confisque aux Nassau protestants
la principauté d'Orange, impose la
suppression de l'industrie des toiles peintes
et de la culture du tabac (concordat de
1734).
Avec la Révolution, la population
avignonnaise adopte des idées et
mesures parisiennes, entre en conflit avec
Carpentras
et le haut Comtat (massacre de la Glacière).
Après réunion à la
France d'Avignon
et du Comtat (1791), le département
de Vaucluse est créé (25 juin
1793) pour briser le fédéralisme.
La résistance au coup d'Etat de Louis-Napoléon
(2 décembre 1851) est forte, et de
vives luttes électorales ont lieu
tout au long de la IIIème République,
où les partis radical (Edouard Daladier)
et socialiste marquent la vie politique.
Lors de la Seconde Guerre Mondiale, la configuration
du pays favorisait l'apparition précoce
des "maquis" (Sault,
Apt, Luberon)
de résistance à l'occupation.
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