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Sans remonter
à l'âge du Bronze, le passé
des Hautes-Alpes s'ordonne autour de celui
des trois principaux pays qui composent,
aujourd'hui ce département : le Briançonnais,
l'Embrunais et le Gapençais où,
après la conquête des Alpes
par Auguste, en l'année 14, régna
la Pax Romana.
Christianisés au Vème siècle,
deux évêchés y furent
créés : l'un à Embrun
qui dominait la province des Alpes-Maritimes
et qui s'annexa le Briançonnais vers
le milieu du XIème siècle
; l'autre à Gap,
intégré à la 2ème
Narbonnaise.
A la fin de ce siècle, les comtes
d'Albon avaient fondé la première
branche des "Dauphins de Viennois".
Nos trois "pays" vinrent s'y réunir
pour faire corps avec le Dauphiné
qu'Humbert II "transporta" au
royaume de France en 1349. Désormais
leur histoire se confondit avec celle du
royaume des lys.
La guerre de Cent Ans fut marquée
par l'intervention de Jacques Gélu,
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archevêque d'Embrun
(1369-1432), auprès de Charles
VII, en faveur de Jeanne
d'Arc. Les guerres d'Italie amenèrent
dans cette région-frontière
un incessant mouvement de troupes dont elle
eut fréquemment à souffrir,
moins toutefois que lors des guerres
de Religion qui valurent au Dauphiné
le surnom de "Province des misérables".
Deux noms dominent ce moment de l'histoire
: celui de Guillaume Farel, l'un des grands
réformateurs, né à
Gap en 1489,
et celui de François de Bonne, duc
de Lesdiguières, né à
Saint-Bonnet
en 1543, mort à Valence en 1626,
le dernier connétable de France,
ami fidèle d'Henri
IV, dont le début de la carrière
prestigieuse fut marqué par la prise
d'Embrun
en 1585. Nouvelle épreuve pour les
Hautes-Alpes, en 1692, avec l'invasion du
duc de Savoie, Victor-Amédée
II, qui ravagea tout le pays et finalement
fut arrêté au col de Cabre
où se situe l'épisode fameux
de Philis de La Charce.
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Pour prévenir le retour
de pareil événement, Vauban
fortifia Briançon
et bâtit la citadelle de Mont-Dauphin.
En 1790, la Révolution démembra
le Dauphiné en trois départements :
Isère, Drôme et Hautes-Alpes,
primitivement dénommés Est-Dauphiné,
et laissa celui-ci dans une situation que
Ladoucette, préfet de l'Empire, s'employa,
non sans mal, à rétablir.
En 1815, sur la route du retour, Napoléon
fit étape à Gap
où, dit-il, "il se sent
en France".
La guerre de 1914-1918 creusa des vides
irréparables dans les rangs des régiments
alpins, notamment chez les "Diables
bleus" (chasseurs alpins), ce
qui contribua à aggraver la dépopulation
du département.
Le conflit mondial 1939-1945 le soumet à
l'occupation italienne d'abord, puis allemande
dont il fut libéré par les
armées franco-américaines,
secondées de l'intérieur par
l'action des maquis. |