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» Histoire des Alpes de Haute-Provence

Les Alpes de Haute-Provence (naguère Basses-Alpes) forment la majeure partie de la Haute-Provence et ont suivi en général, au cours de l'histoire, le sort de la Provence.
En raison de l'ingratitude du sol et de la rigueur du climat, elles semblent avoir été peuplées tardivement à l'époque préhistorique.
Dans l'état actuel des recherches, le Paléolithique et le Néolithique ne sont guère représentés que dans les vallées et sur les plateaux ; par contre, la protohistoire, avec l'âge du Bronze, Hallstatt, la Tène, a laissé des traces dans l'intérieur montagneux, particulièrement en Ubaye.
La Haute-Provence ne fut pas conquise, dans son ensemble, par les Romains, eu même temps que la Provincia, non plus que par Jules César, dans sa campagne en Gaule (58-50 avant J.-C.).
Il était réservé à l'empereur Auguste de l'agréger à l'empire romain, avec tout l'arc alpin (25-14 avant J.-C.).

Auguste

Après avoir joui de la Pax Romana, la Haute-Provence pâtit, comme le reste du monde méditerranéen, des invasions barbares, mais elle semble avoir relativement moins souffert que d'autres régions ; cependant elle fut ravagée de 569 à 575 par les Saxons et les Lombards que le patrice Mummole battit à Estoublon en 572.
Les époques mérovingienne et carolingienne s'écoulèrent assez obscurément en Haute-Provence. Les anciennes civitates gallo-romaines donnèrent alors naissance à cinq petits évêchés : Digne, Riez, Senez, Glandèves, Sisteron.
A la fin de l'époque carolingienne, les Sarrasins firent quelques incursions.
La Haute-Provence fit ensuite partie du comté féodal de Provence, d'abord indivis entre les comtes d'Avignon et ceux d'Arles ; le repli des premiers sur le haut pays donna naissance au comté de Forcalquier (XIIème siècle) à peu près unique division territoriale presque indépendante que la Haute-Provence ait jamais connue ; elle réintégra ensuite le giron de la Provence, à la mort de Guillaume II (1209), dernier comte de Forcalquier.
On connaît le célèbre "quatuor" des filles de Raymond Bérenger V, comte de Provence, qui furent toutes quatre reines et passent pour avoir été élevées dans le château de Saint-Maime. L'une d'elles, Marguerite, fut la

femme de saint Louis, roi de France.
A la dynastie de Barcelone-Aragon succédèrent deux dynasties angevines qui conquirent, puis tentèrent de reconquérir le royaume de Naples. Le dernier souverain de la première dynastie, la reine Jeanne Ière d'Anjou a marqué fortement les mentalités populaires par suite de ses malheurs, et la guerre civile qui suivit sa mort désola le pays.
Ce fut au cours de ces désordres que la vallée de l'Ubaye fit sécession pour plusieurs siècles et se rattacha aux Etats savoyards (1388).
Après le roi René et son éphémère successeur, Charles III, duc du Maine, la Haute-Provence, comme la Basse, fut happée par le puissant Louis XI, et, désormais, chaloupe amarrée aux flancs du vaisseau France, suivit son sort. Ce ne fut pas, cependant, sans un soubresaut : la résistance provençale à l'annexion se traduisit par une vaine révolte du parti lorrain, localisée en Haute-Provence, au nord du Luberon, jusqu'à Forcalquier (1481).
Les guerres de Religion (1559-1598 environ), qui ensanglantèrent la Provence, sévirent fortement dans de hauts pays ; commencées d'ailleurs à Castellane, elles furent l'un des épisodes les plus tragiques de son histoire.
Les sièges de Sisteron (1562), de Castellane et de Seyne (1586), la bataille d'Allemagne-en-Provence (1586) marquèrent particulièrement ces guerres, dues à la forte diffusion du protestantisme dans la région.
Par contre, les deux derniers siècles de l'ancienne monarchie furent assez paisibles en Haute-Provence, quoique coupés par quelques événements douloureux ou tragiques ; peste de 1629 (particulièrement à Digne où elle emporta la majeure partie de la population), peste de 1720, différentes opérations militaires pendant les règnes de Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, mais à peu près limitées à la vallée de l'Ubaye, sauf pendant la guerre de la Succession d'Autriche (1742-1748) au cours de laquelle les Austro-Sardes occupèrent Castellane et s'avancèrent jusqu'à Moustiers-Sainte-Marie.

Moustiers-sainte-Marie

Au traité d'Utrecht, en 1713, la vallée de l'Ubaye réintégra la Haute-Provence.
La Révolution agita la Haute-Provence, mais sans doute moins que bien d'autres régions de France. Le signal des troubles fut donné par une agression à

Manosque contre l'évêque de Sisteron (1789). Comme faits saillants, l'on peut citer une expédition militaire des Marsellais contre Digne en 1793. La guillotine ne se dressa pas dans le département des Basses-Alpes. Quelques ecclésiastiques périrent, victimes de violences. Par contre, le brigandage sévit fortement.
Les Basses- Alpes furent traversées de Castellane à Sisteron par Napoléon Ier à son retour de l'île d'Elbe (3-5 mars 1815).

Napoléon de retour de l'île d'Elbe

Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 provoqua un vif soulèvement, mais il fut brisé lors d'un combat près des Mées ; une répression assez dure s'ensuivit. Si le XIXème siècle bénéficia, particulièrement sous la monarchie de Juillet, de grandioses travaux publics, notamment routes, ponts et chemins de fer, qui mirent fin à un isolement multiséculaire, par contre la Haute-Provence connut, après un assez bref essor aux environs de 1830, une forte régression économique et encore plus démographique, qui se prolongea durant toute la première moitié du XXème siècle.
D'un maximum de 159 045 habitants en 1836, la population passa à 83 148 en 1946.
La guerre de 1914-1918 causa une cruelle saignée, surtout dans les couches rurales de la population.
La guerre de 1939-1945 vit l'occupation de la Haute-Provence, d'abord par les Italiens, puis et surtout par les Allemands. Après presque deux siècles de paix, elle connut aussi des combats frontaliers dans la haute vallée de l'Ubaye.
Pays de montagnes, de communications difficiles, la Haute-Provence hébergea de nombreux maquis.
Des combats entre la Résistance et les Allemands eurent lieu, particulièrement vers Valensole, dans la cluse de Chabrières, dans la vallée de Barcelonnette.
Des maquis furent exterminés, des villages brûlés par les Allemands. Lors du débarquement en Provence, les Américains effectuèrent quelques bombardements, à Digne, à Forcalquier, surtout à Sisteron où il y eut plusieurs centaines de victimes.
Le 20 août 1944, les Américains pénétrèrent dans les Basses-Alpes, mais les Allemands se cramponnèrent dans la haute vallée de l'Ubaye, jusqu'en 1945.



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