Dans cette terre marquée, sur le plan géologique, par deux grandes phases de plissement et une période d’effondrement, c’est d’abord la luminosité qui attire l’attention de l’homme du Nord ; c’est elle qui confère leur netteté aux formes du relief se détachant sur l’horizon. La durée d’ensoleillement s’élève à 2 700 heures par an, y compris dans les Alpes, et même à 3 000 heures dans les zones privilégiées du littoral (Côte d’Azur).

Le plissement pyrénéo-provençal est responsable des reliefs bordant la Méditerranée de Martigues à Cannes et de ceux de la basse Provence intérieure. Il a fait saillir les Maures et l’Esterel – massifs littoraux anciens d’altitude modeste (600 m) – et naître des chaînons calcaires (Sainte-Victoire, Sainte-Baume) que séparent des bassins plus ou moins étendus et profonds (Aix-en-Provence, Trets). Au nord-est de Saint-Raphaël, l’Esterel présente des paysages grandioses de roches rouges, les porphyres du Trayas.

Un peu plus au sud, les Maures montrent des versants dont les pentes, moins heurtées, sont couvertes d’un sombre manteau forestier. Vers l’ouest, les plateaux calcaires dominent la Méditerranée par de spectaculaires falaises accidentées de gorges étroites, les calanques (un terme spécifiquement provençal). Le plissement alpin a accolé au nord et à l’est de cet ensemble une vaste aire montagneuse, les Alpes du Sud.

Une zone de transition se dessine avec le Luberon et les tables calcaires dénudées et pierreuses des Plans de Provence. S’élevant de 500 à 1 200 m d’altitude (Canjuers), celles-ci sont coupées d’impressionnantes gorges (canyon du Verdon). Les Préalpes ont des altitudes proches de 2 000 m (mont Ventoux, montagne de Lure, Gapençais). Elles s’étalent largement pour s’achever entre Nice et Menton sous la forme de plis méridiens portant la montagne à proximité de la mer. La haute montagne alpine, voisine de la frontière, est réduite à une bande de 40 km de large ; l’altitude moyenne y dépasse 2 000 m, les sommets s’élèvent au-dessus de 3 000 m. Le sillon durantien est l’axe principal des Alpes du Sud. La phase d’effondrement qui a touché la Provence a favorisé la formation des plaines du Vaucluse, constructions alluviales dues aux affluents du Rhône (Aygues, Durance).

La Camargue est une plaine deltaïque partiellement conquise par l’homme. La faible pression démographique n’a jamais imposé l’édification de polders. Aussi de grands étangs (Vaccarès) encadrent-ils des pâturages amphibies. La Crau, plaine caillouteuse et sèche, est un ancien cône de déjection de la Durance, construit lorsque ce fleuve gagnait directement la mer.