De Nice, par la basse corniche, on arrive à Villefranche-sur-Mer. La rade, que fréquentent régulièrement paquebots et navires de guerre étrangers, est fermée à l’est par la presqu’île du Cap-Ferrat.j

En contrebas, avec sa citadelle du XVIème siècle dominant au sud l’ancien port de guerre de la Darse (aujourd’hui port de plaisance et centre d’étude des fonds marins), la vieille ville a gardé son aspect ancien, ses rues longitudinales étroites et voûtées (rue Obscure, XIIIème siècle) et ses rues transversales dévalant en escalier vers le port (chapelle des Pêcheurs décorée de fresques par Jean Cocteau).
En longeant la baie (belle vue d’ensemble de Villefranche), on aborde au pont Saint-Jean la presqu’île de Saint-Jean-Cap-Ferrat, curieusement découpée. Elle associe un ancien village de pêcheurs et, dans la pinède, un domaine de luxueuses propriétés (la villa des Cèdres a les plus beaux jardins exotiques d’Europe).
Suivre le circuit du Cap-Ferrat par le zoo, le phare et le Belvédère (panorama), puis descendre au port. De la plage de la Scalette, un sentier fait le tour de la pointe Saint-Hospice.

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En retournant au pont Saint-Jean, on passe devant la Fondation Ephrussi de Rothschild (superbes jardins, collections de tapisseries, porcelaines, art chinois, tableaux de maîtres). Sans franchir le pont, tourner à droite vers Beaulieu, adossé aux pentes du plateau Saint-Michel.
Autour de la baie des Fourmis, très beaux jardins et joli petit port que domine la villa Kerylos, reconstitution moderne d’une belle demeure de la Grèce antique.h

Au-delà, près de l’église, chapelle romane (XIème siècle). On quitte Beaulieu en longeant un des plus grands ports de plaisance de la côte. Plus loin, un pan de falaise calcaire oblige route et voie ferrée à passer en tunnel. On débouche sur Èze-sur-Mer. Puis la route épouse les sinuosités de la côte jusqu’à Cap-d’Ail (on admirera les mosaïques de Jean Cocteau au Centre universitaire méditerranéen).
En entrant dans la principauté de Monaco, gagner le jardin exotique situé, avec ses annexes (grottes, musée d’Anthropologie préhistorique), au flanc d’un abrupt rocheux. Très belle vue plongeante sur toute l’agglomération et son site. Sur le rocher de Monaco, on visitera le palais princier aux murs ocre clair et aux toits de tuiles rouges (XIIIème, XVème, XVIème, XVIIème siècles) et la vieille ville avec la cathédrale (pastiche roman du XIXème siècle, retable et pietà du XVIème siècle).

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Le musée océanographique (aquarium hors de pair, institut de recherche animé autrefois par Jacques-Yves Cousteau). Le quartier de la Condamine avec le port, où mouillent les bateaux de plaisance, sépare Monaco du plateau escarpé de Monte-Carlo, qui se peuple de gratte-ciels. Au milieu de beaux jardins, le casino avec son opéra, dessiné par Charles Garnier, fait face à la mer. Le musée national des Poupées et Automates se trouve clans le nouveau quartier du bord de mer.
On sort de la principauté. Accroché au rocher, on aperçoit le village médiéval de Roquebrune, coiffé de son château fort qui serait, dit-on, le plus vieux de France (Xème siècle. Suivre la route du Cap-Martin.j

On descend sur Menton par le bord de mer (vue sur la ville et, au loin, sur Vintimille et Bordighera). La douceur du climat a fait la prospérité des citronniers, des oliviers et des fleurs de la région de Menton.
Station touristique et ville du «troisième âge», Menton s’est donné un rôle culturel (biennale de peinture en juillet, festival de musique de chambre en août). La ville moderne, avec ses belles allées et ses grands immeubles, s’étale de part et d’autre de la butte du vieux Menton en saillie vers la mer.
Il faut voir la rue Longue (XVIIème siècle), l’escalier et le parvis Saint-Michel, où se tient le festival de musique, et, près de la vieille ville, le Musée municipal (histoire et préhistoire locales, tableaux), la salle des mariages de l’hôtel de ville décorée par Jean Cocteau et le musée Jean Cocteau, dans le bastion du XVIème siècle.
Traverser le quartier de Garavan en direction du Pont-Saint-Louis et, peu avant la frontière, s’engager à gauche dans le boulevard de Garavan (au domaine des Colombières, remarquables jardins en terrain escarpé). Au cimetière, prendre la direction de Nice, d’où se détache bientôt la route de Castellar.
Castellar est sur une crête entre deux vals : panoramas au sud sur Menton et la côte, au nord sur la vallée du Carei, le Razel et le Grammont. De retour à Menton, gagner Sainte-Agnès par la D 22 qui, escaladant des collines à la végétation dense, passe sous un impressionnant viaduc autoroutier. Très belle vue sur Castellar et l’échine calcaire de la Roche-Longue, qui sépare la France et l’Italie. On découvre Sainte-Agnès au flanc d’un piton ruiniforme et escarpé, au pied duquel on reconnaît d’anciennes terrasses de culture selon une disposition courante en pays méditerranéen. Beaux panoramas des abords du village. Du château en ruine, accessible par un sentier escarpé et caillouteux, vue circulaire impressionnante (table d’orientation). La D 22 se poursuit en corniche. Au col de la Madone, jolie vue sur une mer de crêtes allant buter sur les Préalpes de Provence. On rejoint la D 53. Peille, sur un adret entre les terrasses de culture et le roc couronné d’un château en ruine, a gardé son aspect médiéval. Bel ensemble gothique ayant abrité le Consulat des comtes de Provence, ancienne chapelle du XIIIème siècle, aujourd’hui occupée par la mairie; à l’écart, l’église (deux nefs accolées, une romane, une gothique; retable XVIème siècle). Par la D 53, on gagne La Turbie à travers un paysage calcaire aride et sévère. Au col de Guerre, on découvre brusquement le littoral et le village de La Turbie.

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Des ruines du monumental Trophée des Alpes (restauré) commémorant une victoire romaine, on a une belle vue plongeante sur Monaco et le littoral de l’Italie à l’Esterel. Dans le village, on verra l’église du XVIIIème siècle (tableaux de Brea et de Van Loo). Par la D 2 204 A, peu après la sortie de La Turbie, on se rendra au sanctuaire de la Madone de Laghet (innombrables ex-voto peints ou dessinés avec naîveté) ; on reviendra à la grande corniche (D 2 564) pour tourner ensuite à droite et, un peu plus loin, rejoindre la Moyenne Corniche (N 7) à Èze-Village.

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Accroché en nid d’aigle à un rocher que surmontent les ruines d’un château, le village a gardé son cachet médiéval. On verra la chapelle Sainte-Croix (XIVème siècle) et l’église (XVIIIème siècle). Du jardin exotique, on a une bonne idée du site.
La route rejoint la grande corniche au col d’Èze (vue sur la vallée du Paillon et les Préalpes de Grasse). Après un parcours désolé où les pins se meurent, on admirera, au belvédère d’Èze, un des plus grandioses panoramas de la Côte. Peu après, la route s’incurve vers l’intérieur et, dans une descente belle et rapide, entre à Nice par les quartiers est.