hFredéric Mistral naît au mas du Juge à quelques kilomètres de Maillane où il s’éteindra quatre-vingt-quatre ans plus tard.

Mistral passe d’abord quelques années au pensionnat de l’abbaye de Frigolet, non loin de Tarascon.
« Un ancien monastère situé dans la montagnette, écrit-il, jardin sauvage de plantes aromatiques et paradis ouvert, pour ses écoliers , en cage transparente…« . C’est à Avignon, puis Nimes, où il passe son baccalauréat, que Mistral poursuit ses études. Il éprouve une totale nostalgie de sa Provence, la vraie, celle dont on s’évertue à lui faire oublier la langue.

Aix, Mistral s’engage dans des études de droit afin de ne pas déplaire à son père, mais il revient rapidement vers Maillane et prend une ferme résolution: « … raviver en Provence le sentiment de race, provoquer un résurrection par la restauration de la langue maternelle et historique de mon pays, rendre la vogue au provençal par l’influx et la flamme de la divine poésie« .

En 1852 , à la suite du décès de son père , Mistral vient s’installer à Maillane avec sa mère, dans la maison du Lézard.

Lorsqu’il se marie quelques années plus tard , il achète la maison en face et n’en bougera plus.
C’est peu avant ce moment que naît l’dée du félibrige, une école littéraire créée par Mistral le 21 mai 1854 , avec six autres auteurs ardents défenseurs de la langue provençale. La passion de Mistral pour sa Provence ne semble pas avoir de limite.
En 1859, Mistral publie « Mireille« ,

une œuvre maîtresse dont il faut noter que Mistral lui-même l’associait à la Vierge : « Je suis persuadé que « Miréio » , Mireille, est le nom même de Marie, dérivant de l’hébreu Myriam et provençalisé par les juifs de Provence , très anciens dans le pays ».
« Mireille » est salué par le monde entier, et par certains comme un chef-d’œuvre, le plus authentique depuis les grandes tragédies gréco-romaines.Quelques années plus tard, l’adaptation lyrique de Charles Gounod , fera de « Mireille » un véritable monument mondial.
Sept années plus tard , Mistral écrit « Calendal« , dans lequel apparaît encore la farouche volonté d’indépendance des provençaux.
En 1863 , après que la France ait fait l’objet d’une séparation par département, un hitorien méridional, Louis Capefique écrit : « Nous ne serons jamais des enfants des Bouches-du-Rhône, démarcation de fantaisie, nous sommes des Provençaux ».

Certains affirment que Daudet et Mistral se fâchent à la suite de « L’Arlésienne » écrite par Daudet.

Ce n’est pas prouvé. En effet après que le cousin de Mistral se soit suicidé en 1862, en se jetant de la fenêtre du mas du Juge où réside la famille, Mistral évoque cet épisode douloureux avec son ami Alphonse Daudet.
Ce dernier s’en inspire largement pour écrire « L’Arlésienne » ce qui aurait déplu à Mistral. Après la mas du Juge et la maison du Lézard, Frédéric Mistral n’habitera qu’une seule maison jusqu’à sa mort, celle qu’il occupe avec son épouse. Entourée d’un jardin , elle se situe en face de la maison du Lézard, où réside sa mère, et Mistral n’en

bougera pas, recevant de très nombreuses visites. La plus surprenante viendra de Buffalo-Bill qui franchit l’océan pour venir saluer la poète. Il laisse son chien en cadeau à Mistral. Cette rencontre explique que quelques années plus tard un groupe d’indiens vienne rencontrer Mistral dont les écrits ont eux aussi franchit l’océan. Dans sa maison de Maillane, devenue musée, on peut découvrir l’arc et les flèches offerts par les Sioux à Mistral.

Dans la cœur des provençaux, Mistral demeure le plus grand , poète et écrivain, à avoir consacré sa vie et son œuvre à sa région et à sa langue.

Félibrige
La signification de félibrige, cette école littéraire fondée par Mistral, n’est pas clairement définie. Il pourrait s’agir de celui qui « fait des livres », ou de ce qui « rend libre ».
En latin , »Libra » signifie aussi « balance » symbole de justice. Mistral précise qu’il trouva le terme de félibre au cours de la lecture d’une ancienne poésie dans laquelle la Vierge Marie explique avoir trouvé son fils dans le temple, « parmi les sept félibres de la loi ».